Entrevue avec le dramaturge Gilles Poulin-Denis


: : Propos recueillis par Arnaud DECROIX : :


Après Rearview, qui lui avait valu, en 2010, le prix du meilleur nouveau texte aux Saskatoon and Area Theatre Awards et une nomination aux prix littéraires du gouverneur général, Gilles Poulin-Denis revient avec un nouveau texte. Ce second opus, intitulé Statu Quo, sera présenté en Saskatchewan à partir du 2 mai. C’est l’occasion de nous entretenir avec ce dramaturge fransaskois prometteur.

À quoi peut-on s’attendre en venant voir Statu Quo?
Cette pièce est destinée à un public adolescent, les personnages principaux sont des adolescents, ça parle d’adolescents. Mais je voulais écrire quelque chose qui puisse plaire à tout le monde. Les thèmes qui y sont abordés nous suivent tout au long de notre vie. Ça renvoie à des choix qu’on fait, que ce soit des choix de carrière ou des choix de vie. Ce sont des questionnements que l’on fait régulièrement au cours de sa vie. Ce sont donc des thématiques qui peuvent rejoindre tout le monde.

Pourquoi avoir choisi ce thème de l’adolescence?
C’est une commande de texte par le Théâtre de la Seizième, qui m’a demandé d’écrire un texte pour leur tournée dans les écoles. C’est la première fois que j’écrivais pour ce public. C’est quelque chose qui me terrifiait en même temps que cela m’intéressait de le faire. C’est un public très direct. Quand j’ai décidé d’écrire cette pièce pour des adolescents, je ne voulais pas écrire une pièce à thème. Il fallait que ce soit une pièce qui parle d’adolescents, qui s’adresse à des adolescents mais que j’allais écrire comme s’il s’agissait d’une pièce grand public. Je voulais éviter d’avoir un ton moralisateur ou d’avoir une sorte de message à délivrer aux jeunes.

Quelle a été la réception de la pièce dans les écoles?
Beaucoup de jeunes se retrouvent là-dedans. Dans la façon dont la pièce a été montée, a été écrite et dont elle est travaillée en répétition, ce ne sont pas des caricatures d’adolescents. On n’est pas dans un stéréotype d’adolescent qu’on pourrait imaginer. Les jeunes ont beaucoup apprécié qu’on leur présente ça et je pense que c’est un spectacle qui est, quand même, assez intelligent.

Comment s’est passé le processus d’écriture de la pièce?
Quand j’ai commencé à travailler l’écriture, on a fait une première lecture au Festival Zones théâtrales à Ottawa. Une des comédiennes, Marie-Claire Marcotte, qui a travaillé beaucoup avec la Troupe du jour, a suivi tout le processus. C’est elle qui joue le rôle principal dans la production aujourd’hui. Au Festival du Jamais Lu, qui est un festival de nouveaux textes à Montréal, on a aussi présenté une version de la pièce l’année dernière. J’ai également eu beaucoup de soutien de la part du Théâtre de la Seizième. Puis, il y a eu des lectures publiques et privées pour que je puisse entendre la pièce. Dans une école à Vancouver, en novembre dernier, on a aussi récolté des commentaires de la part des jeunes. Enfin, on a trouvé un comédien, à Vancouver, Cory Haas, qui est très bon. Le casting est donc très bien. Je suis très content du casting pour ce show-là.

Est-ce que la bonne réception de Rearview, a ajouté une pression supplémentaire?
C’est sûr que Rearview était la première pièce que j’ai écrite. Ça m’a donné un peu de pression mais, en fait, je me suis dit que je devais continuer à travailler et j’essaie de ne pas penser aux retombées éventuelles que pourraient avoir certains textes. Je vais vers ce qui me fait plaisir. Sinon c’est castrant, c’est bloquant. On se met à penser aux concours et cela nous empêche de travailler.

Qu’est-ce qui vous inspire dans votre travail?
Ça dépend des textes. Chaque texte est différent. Je travaille actuellement sur un texte dont l’histoire m’est venue quasiment au complet en une nuit. C’est comme si elle existait déjà et que je l’ai rencontrée. Dans le cas de Statu Quo, je ne savais pas du tout sur quoi écrire. J’ai attendu 5-6 mois à ne rien faire, à ne pas écrire un seul mot. J’attendais de voir comment l’histoire allait se développer. Puis, j’ai trouvé des morceaux et je ne savais même pas qu’ils allaient appartenir à ma pièce. Pour les personnages, j’ai vu deux filles dans une vidéo de musique. Puis, tout de suite, j’y ai vu des personnages sur lesquels j’allais écrire. J’ai découvert moi-même la pièce de cette manière.

Présentée par le Théâtre de la Seizième (Vancouver) au début du mois d’avril, la pièce Statu Quo a par la suite été en tournée en Colombie-Britannique avant d’arriver en Saskatchewan. Elle sera présentée les 3 et 4 mai à 20 h et le 5 mai à 14 h au centre de production de la Troupe du Jour (914, 20e Rue Ouest) à Saskatoon puis sera en tournée dans la province pour des représentations scolaires.

Il est à noter que la pièce pourra également être vue avec surtitres en anglais lors des séances des 3 et 5 mai.

Produite par le Théâtre de la Seizième, la pièce Statu Quo a été écrite par Gilles Poulin-Denis et mise en scène par Craig Holzschuh. Parmi les acteurs de la distribution, on retrouve Katherine Gauthier, Cory Haas et Marie-Claire Marcotte.

Pour plus d’informations : www.latroupedujour.ca


L’histoire de la pièce Statu Quo

Sarah et Adèle terminent bientôt leurs études secondaires dans un village un peu trop tranquille. Alors que, pour Adèle, l’avenir semble simple, il n’en est pas de même pour Sarah, qui a le sentiment que la vraie vie se passe ailleurs. Elle ne trouve pas sa voie et se demande quelle peut être sa place dans une communauté aussi ennuyante. Puis, Sarah fait la connaissance de Simon, un fils de militaire hors de l’ordinaire. Elle se met alors à se documenter sur l’histoire de son village et finit par découvrir une facette inconnue de son entourage et de sa propre identité.

Photo 1 : Gilles Poulin-Denis
Photo 2 : Marie-Claire Marcotte
Photos : Emily Cooper


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