Faciliter les liens entre les écoles et les artistes

 


: : Arnaud DECROIX – Regina : :


Une douzaine de personnes a participé à une formation offerte par le Conseil culturel fransaskois (CCF) à Regina le dimanche 12 mai en après-midi. En ce jour de la fête des mères il s’agissait pour l’organisme provincial de sensibiliser les artistes aux possibilités d’intervenir dans le milieu scolaire. Plusieurs présentations ont également permis de mieux comprendre les besoins des écoles.

Les deux solitudes

Patrice Turmel, enseignante à l’école St Pius X, a déploré que « nos élèves ne connaissent pas les artistes fransaskois et c’est un gros manque ». Elle a regretté aussi que les instituteurs eux-mêmes n’aient pas davantage de liens avec la communauté culturelle fransaskoise. Pour répondre à ces défis, elle a notamment suggéré qu’un représentant des artistes fransaskois soit envoyé dans les écoles afin de mieux connaître leurs besoins. En tant que responsable de la programmation scolaire auprès du CCF, Laurier Gareau s’est interrogé sur la manière dont les artistes pouvaient mieux rejoindre ces besoins des enseignants. Selon lui, « on ne fait pas juste planter un spectacle. Un jeune doit pouvoir avancer aussi dans son cheminement culturel ». Gilles Groleau, conseiller pédagogique au Conseil des écoles fransaskoises (CÉF), a également souligné la nécessité de planifier les activités en tenant compte des exigences propres aux professeurs. Ainsi, il a recommandé que les éventuelles propositions des artistes puissent s’appuyer sur les résultats d’apprentissage des enseignants et sur leurs objectifs pédagogiques. Selon Gilles Groleau, il est en effet nécessaire que « les projets du CCF soient en lien avec les programmes d’études des enseignants ». La difficulté tient aussi au fait que ces derniers sont très variables. Ainsi, le conseiller pédagogique du CÉF a également rappelé que « nos quinze écoles, c’est quinze contextes différents ».

Créer des rapprochements

Le Conseil culturel fransaskois a envoyé, en septembre dernier, à l’ensemble des écoles un catalogue intitulé L’artiste à l’école. Y sont présentées différentes possibilités d’ateliers culturels et artistiques en milieu scolaire. Pourtant, Sarah Harvey a regretté de n’avoir jamais eu connaissance de l’existence de ce catalogue. Par ailleurs, l’animatrice culturelle à l’école Ducharme de Moose Jaw a également rapporté que, « lorsque Shawn Jobin et Mario Lepage sont arrivés dans mon école, je n’étais même pas au courant ». Ce manque de communication a été déploré par plusieurs participants. Au sein du réseau des écoles publiques de Regina, l’augmentation, l’an prochain, du nombre des conseillers pédagogiques, qui devrait passer de 18 à 27, pourrait donc, de ce point de vue, jouer un rôle positif.

Impact positif des artistes

Les enseignants présents à la rencontre étaient unanimes à souligner l’importance du passage des artistes dans les classes. Selon Isabelle Campeau, « les artistes ont un impact extraordinaire sur les enfants ». La conseillère pédagogique à la commission des écoles publiques de Regina estime que cela permet notamment aux élèves de prendre conscience que « le français est une langue vivante ». Cette présence des artistes dans les écoles permet aussi de contribuer à « développer une identité et une appartenance ».

De leur côté, les artistes reconnaissent également l’apport de ces expériences en milieu scolaire. Suzanne Campagne estime même qu’elle a appris son métier de chanteuse professionnelle en faisant des spectacles dans les écoles. Selon la directrice générale du CCF, «  si tu peux intéresser des enfants de sept ans, -tu peux intéresser n’importe qui ».

Patrice Turmel a donné plusieurs conseils aux artistes qui souhaiteraient intervenir auprès des élèves. Parmi ces derniers, l’enseignante à l’école St Pius X de Regina a identifié :

  • la pertinence des dates (un atelier proposé en décembre même s’il est intéressant se heurte fréquemment à des impératifs organisationnels qui en empêchent la tenue);
  • la nécessité de toujours communiquer avec les élèves d’immersion en français même s’ils ont des difficultés dans cette langue;
  • l’utilité de donner des informations en amont afin de préparer les élèves à la venue de l’artiste (vocabulaire, univers de l’artiste que l’on va rencontrer...).

À la suite de cette rencontre qui s’est tenue le 12 mai à la Rotonde de l’Institut français, à Regina, un autre atelier est prévu pour les résidents de Saskatoon. Les artistes fransaskois, toutes disciplines confondues, sont donc invités à venir rencontrer des intervenants scolaires pour discuter du contenu des ateliers à proposer aux écoles.

Cette prochaine rencontre aura lieu le samedi 25 mai à partir de 13 h dans les locaux de La Troupe du Jour (914, 20e Rue Ouest).

Pour s’inscrire à cette session ou pour obtenir plus d’informations, vous pouvez contacter Aurélie Labrière au 306-565-8010.

Photo 1 : Laurier Gareau
Photo 2 : Annette Campagne
Photo 3 : Isabelle Campeau
Photo 4 : Suzanne Campagne
Photos : Arnaud Decroix


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