La fransaskoisie danse au rythme de son patrimoine

 

: : Luc BENGONO – Regina : :


Qui étaient vraiment les premiers franco­phones de la Saskatchewan? Quel était leur mode de vie?

C’est le genre de questions qui vous traversent l’esprit lorsque, un jeudi 6 mars vers 19 heures, le corps meurtri par la morsure du froid,  vous traversez le stationnement enneigé du Centre du patrimoine de la GRC pour aller assister à la soirée de clôture de la 9e édition des Journées du patrimoine, organisée à l’initiative de la Société historique de la Saskatchewan (SHS), en partenariat avec l’Association canadienne française de Regina (ACFR).

Vous n’avez pas eu le temps de cogiter sur ces questions que, déjà, des jeunes élèves du Pavillon secondaire des Quatre vents vous accueillent dans le vestibule avec un plateau de Bannock  frit, sur lequel se couche un filet de sirop d’érable et des oignons caramélisés. Un vrai délice.

Ensuite, il faut goûter au fameux Pemmikan, de la viande de bison séchée. Ces saveurs ont été concoctées de main de maître par le chef Marc Drolet. « Au niveau du buffet, c’est une vraie réussite », confie Jessica Chartier, la jeune directrice de l’ACFR. Les premiers francophones de la Saskatchewan ont certainement savouré ces spécialités autochtones quand ils ont foulé la terre des prairies.

« Je vous demanderais de venir dans la salle car le spectacle va bientôt commencer », explique au microphone, Mélanie Lemire, la coordinatrice des projets de la Société historique.

C’est La Raquette à claquettes qui est à l’honneur ce soir. À la guitare, Annette Campagne, au violon, Gilles Groleau, au Banjo et à l’accordéon, Francis Marchildon, au piano, Dave Lawlor. « C’est mon mari », précise Annette.

Avant, quand elle me présentait, Annette disait : «  Voici Dave, mon mari et le coréalisateur de mon enfant », souligne Dave. Toute la salle rit aux éclats. Le spectacle commence. L’ambiance est chaleureuse, intime, les sonorités sont métis et la cadence est canadienne-française : « Quand la pluie viendra, ça fait trois ans qu’elle n’a pas mouillée... ».

Portées par cette musique envoutante, quatre fillettes dansent avec générosité. « Merci aux danseurs », clame Francis Marchildon. « J’allais dire merci aux danseuses », rectifie Gilles. En regardant ce spectacle, on ne peut s’empêcher d’imaginer les soirées organisées par les premiers francophones aux confins des prairies de la Saskatchewan.

À la fin de soirée, en traversant en sens inverse, dans l’obscurité, le stationnement du Centre du patrimoine de la GRC, on comprend mieux le thème qui a été choisi pour la 9e édition des Journées du patrimoine : « L’éclosion du lys des prairies ».

La fleur de lys francophone qui parfume la province a probablement éclos dans l’intimité et l’anonymat de ces soirées ordinaires, au milieu de gens simples, qui cherchaient une vie meilleure. « On a eu du plaisir. Je suis satisfaite », a conclu Mélanie Lemire. Elle a raison.

Photo 1 : Un moment de socialisation dans le vestibule avant le début du spectacle.
Photo 2 : La Raquette à claquettes était à l’honneur
Photos : Luc Bengono

Photo 3 : La présentation de Les singeries de Jocko, par La troupe Marie-Stella, aux Journées du patrimoine 2014. Un superbe spectacle de marionnettes présenté aux jeunes de la maternelle à la 6e année.
Dans la photo : Philippe Savard dans le rôle de Royal Poulin (à la gauche) et Marie-Christine Morin dans le rôle de Marianne (à la droite).
Crédit photo: Marie-Christine Morin


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