Soyez fiers


Dimanche 5 mai 2012 avait lieu le deuxième tour des présidentielles en France. Près de 82 % des électeurs potentiels se sont prévalus de leur droit de vote. Les résultats du scrutin ont été très serrés et c’est le candidat de la gauche socialiste qui a remporté les élections, M. François Hollande. Comme l’a dit, avec élégance, le président sortant, M. Nicolas Sarkosy, il est redevenu un citoyen français comme tous les autres français.

En écoutant le discours de M. Hollande, à la Place de la Bastille, bien que celui-ci s’adressait à une foule de plusieurs milliers de personnes composée principalement de partisans socialistes, il s’est déclaré le président de tous les Français, quelque soit leur allégeance politique, leur couleur, leur âge, leur sexe, leur religion. Fait intéressant, il s’est dit le président de la jeunesse française, un cri lancé à ces jeunes qui n’ont pas nécessairement le goût ni de la politique ni de voter. Il a lancé un cri de fierté à ses concitoyens : « Soyez fiers de... » et je ne compléterai pas la phrase car il leur a dit d’être fier de beaucoup de chose.

En même temps, les Grecs allaient aux urnes. La Grèce est en très mauvaise condition économique et on y peine à mettre en place des mesures de restriction budgétaire qui sont contestées par le peuple. Les partis en place ont perdu au pourcentage des votes et une extrême droite inquiétante est apparue dans le décor électif grec. Je ne crois pas que les Grecs peuvent se rallier de la même façon au cri du nouveau président français, mais ils peuvent quand même se dire fiers d’avoir pu passer un message à leurs élus, qu’ils n’entendent pas être manipulés n’importe comment dans le redressement de leur pays, et aussi se dire fiers d’avoir pu le faire dans des élections libres.

Au Québec, après un vendredi particulièrement violent, des négociations ont conduit à une entente de principe entre les protagonistes, étudiants postsecondaires, gouvernement, universités, cégeps, syndicats. Si on met de côté le fait qu’il y a des individus qui ont profité de l’occasion de douze semaines de manifestation pour causer du grabuge et occasionner du dégât, des blessés et des arrestations, il n’en demeure pas moins que la jeunesse a tenu le flambeau pendant toute cette période et a commencé à lever le rideau sur des problèmes de société qui semblent plus profonds.  Ces jeunes ont appris à la dure la contestation et l’affrontement, mais aussi le dialogue et la négociation. Ils peuvent en être fiers et on peut imaginer qu’il y aura parmi eux (et elles, ne l’oublions pas) de futurs leaders au Québec et pourquoi pas ailleurs.

Dans la Communauté fransaskoise, une série de consultations a lieu depuis cet hiver. Le constat est intéressant et on l’exprime de différentes façons et en différents mots.  Au centre du dialogue qui se déroule, on parle de fierté. Il faut être fier d’être « Fransaskois ». Les réponses varient d’un coin à l’autre de la province : mettre les jeunes dans le coup; avoir des infrastructures répondant aux besoins; dialoguer, communiquer, parler aux autres, être ouverts, se réconcilier, etc... Autant de mots et d’expressions qui veulent que l’on soit fier de soi-même, de nous-mêmes.

Si M. Hollande avait été Fransaskois, il se serait écrié : « Soyez fiers d’être Fransaskois! »


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